vendredi 18 janvier 2019

Les citoyens ont le droit de manifester, les journalistes celui d’informer !

Insultes, confiscations de matériels, coups de matraques, tirs tendus de LBD (lanceurs de balles de défense), tabassages, menaces de mort... Depuis mi-novembre 2018, la mobilisation des “gilets jaunes” a donné lieu à de multiples agressions de journalistes - reporters d'images,rédacteurs, vidéastes ou photojournalistes - et d'équipes de reportage, tant de la part de manifestants que de membres des forces de l’ordre.

La montée des violences contre les reporters est extrêmement grave et préoccupante, comme le sont évidemment toutes les violences arbitraires, quels qu’en soient les auteurs. Qu’on soit manifestant ou qu’on soit policier, on ne peut pas prétendre défendre la liberté et attaquer le journalisme.

La liberté de la presse et le suffrage universel sont indissociables, attenter à l’une c’est attenter à l’autre. Entraver les journalistes dans leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est porter atteinte au pluralisme et menacer la démocratie.

La critique de la presse est légitime mais aucune colère ne saurait justifier la violence contre les journalistes, qui sont confrontés eux-mêmes à des conditions de travail difficiles.

Face à cette situation inédite, les associations, collectifs, sociétés de journalistes, ONG et syndicats de journalistes en appellent à un sursaut citoyen, tant dans les rangs du mouvement des « gilets jaunes » qui se revendiquent de la citoyenneté, que dans les rangs policiers.

En France, le droit d’informer est un droit fondamental, au même titre que le droit de manifester.

Nous lançons un appel pour une mobilisation citoyenne afin de mettre fin aux violences commises contre les journalistes. Les citoyens ont le droit de manifester, les journalistes celui d’informer, au service de tous.

À l'initiative de :

Agence Le Pictorium (agence de photojournalistes)
Agence Hans Lucas
Agence de presse photo, IP3 Press
Association des journalistes économiques et financiers (AJEF)
Association des journalistes parlementaires (AJP)
Agence de photographes MYOP
Association de photojournalistes Divergence-Images
CFDT Journalistes
Collectif OEIL
Collectif de photojournalistes indépendants Haytham Pictures
Collectif de photographe ITEM
Fédération Européenne des Journalistes (FEJ)
Fédération internationale des journalistes (FIJ)
Le Club de la Presse de Bretagne
Union des photographes professionnels (UPP)
Reporters sans frontières (RSF)
RIVA Press
Société civile des journalistes de "Sud Ouest"
SDJ de BFM TV
SDJ de Challenges
SDJ Les Echos
SDJ de L'Express
SDJ du Figaro
SDJ de France Inter
SDJ de France 3 (national)
SDJ France info
SDJ de franceinfo TV
SDJ de franceinfo.fr
SDJ de France 2
SDJ du JDD
SDJ de LCP
SDJ de M6
SDJ du Parisien-Aujourd’hui en France
SDJ de Premières Lignes
SDJ de Radio France
SDJ de RFI
SDJ de RMC
SDJ de RTL
SDJ de TF1
SDJP de Libération
SDR de CNEWS
SDR d’Europe 1
SDR du Monde
SDR de l’Obs
SDR du Point
Syndicat national des journalistes (SNJ)
SNJ-CGT

mardi 15 janvier 2019

Non, la presse ne doit pas être un bouc émissaire !

Depuis quelques semaines, un peu partout en France, lors des manifestations des « gilets jaunes », des journalistes sont empêchés d’exercer, insultés, malmenés physiquement, voire blessés, par des manifestants et/ou des policiers. Des journaux font face à des intimidations et à des blocages de parution. Sur les réseaux sociaux, les invectives sont légion à l’encontre des médias. Et la liste des atteintes à la liberté de la presse s’allonge inexorablement. Le simple constat qu’il faille désormais à des journalistes des agents de protection pour espérer rentrer sains et saufs à leur rédaction est inadmissible.

Dans un climat de défiance vis-à-vis des médias, la critique est nécessaire. La presse n’est pas exempte de reproches. Et les journalistes sur le terrain sont les premiers à s’interroger au quotidien sur la manière la plus juste et la plus honnête de couvrir l’actualité. Mais aucune défiance vis-à-vis de la profession, quelle qu’elle soit, ni désaccord avec une ligne éditoriale, un titre ou un reportage ne peuvent justifier les violences de ces dernières semaines. 

Empêcher les journalistes de faire leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est tout simplement menacer la démocratie.

Les Sociétés de journalistes (SDJ) et Sociétés de rédacteurs (SDR) de nombreuses rédactions, des associations de journalistes, des syndicats, ainsi que le collectif Informer n'est pas un délit et Reporters sans Frontières (RSF) condamnent de la manière la plus ferme les violences.

Ils rappellent avec force que la liberté d’informer est fondamentale et indispensable à une démocratie saine. Les journalistes sont là pour rapporter les informations, y compris dans les pays où la liberté de la presse n’existe pas. Ils apportent leur soutien à l’ensemble des journalistes et accompagnants qui, ces dernières semaines, ont été agressés ou blessés en couvrant des mobilisations de « gilets jaunes ».

Signataires :
Les Sociétés de journalistes (SDJ), Sociétés de rédacteurs (SDR) ou Société civile des journalistes de : l'AFP, Challenges, La Tribune, Le Figaro, Le JDD, Le Monde, Le Parisien-Aujourd'hui en France, Le Point, Les Echos, L'Express, Libération, L'Obs, Paris Match, Premières lignes, Télérama, Sud-Ouest, 20 Minutes, M6, France Info, Franceinfo.fr, France Inter, Europe 1, Radio France, RFI, RTL, BFMTV, Cnews, Franceinfo TV, France 2, France 3, France 24, LCP, TF1, Reporters sans frontières (RSF), L'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), l’Association des journalistes parlementaires (AJP), l’Association des journalistes médias (AJM), l'Association de la presse judiciaire (APJ), l'Association de la presse présidentielle (APP), le collectif Informer n'est pas un délit, Le Syndicat national des journalistes (SNJ), le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), la CFDT-journalistes.

lundi 14 janvier 2019

Agression d'une équipe de LCI

La SDJ de M6 apporte tout son soutien aux confrères de LCI agressés lors des manifestations des "Gilets Jaunes" organisées ce Samedi 12 Janvier 2019. Voici le communiqué de leur SDJ publié Dimanche :

"La société des journalistes de TF1 apporte son soutien à nos collègues journalistes de LCI qui ont subi des violences intolérables ainsi qu’à leurs agents de protection, malheureusement aujourd’hui indispensables à nos côtés pour nous permettre d’exercer notre métier.

Alors qu’ils couvraient la manifestation des Gilets jaunes hier à Rouen, une équipe de journalistes et leurs agents de protection ont été roués de coups dans un déchaînement de violence inadmissible. Une plainte a été déposée, nous espérons que leurs auteurs seront identifiés et jugés. Une autre équipe de la chaîne a été molestée à Paris, ainsi que de nombreux confrères d’autres rédactions dans différentes villes.

Aucune colère, aucune revendication ne peuvent justifier qu’un journaliste ne soit blessé ou agressé parce qu’il fait son travail. Dans un climat de défiance envers les médias, les reporters ne doivent pas être les défouloirs de manifestants irresponsables et haineux. La critique est nécessaire mais la violence est inexcusable.

Depuis des semaines, les violences, les intimidations et les blocages de parutions se multiplient à l’encontre de nombreux journalistes et publications, la société des journalistes de TF1 apporte son soutien à l’ensemble des rédactions et de ses confrères concernés et réaffirme que la liberté d’informer est fondamentale et indispensable à une démocratie saine."